Salut Adrien,
Pour revenir sur notre conversation de vendredi à propos de ton workshop à Valparaiso, nous sommes tous les deux d’accord sur le fait de repositionner ou plutôt de préciser le sujet. Voici mon opinion en quelques lignes, je reprends ce que tu as développé et espère que cela pourra t’aider a rédiger l’intitulé du workshop.
La falsification implique une intention de modifier la valeur d’un fait, d’une chose, de la dénaturer dans l’objectif d’abuser le jugement d’autrui et d’altérer son interpretation.
Le workshop que tu proposes, en reprenant ce dont nous avons parlé vendredi, ne serait donc pas centré sur le faux ou sa fabrication mais sur ce qui est ni vrai ni faux : l’approximation, l’ambiguïté, l’incertitude. Comment à partir d’altérations de la mémoire individuelle, d’imprécisions de témoignages ou de différentes versions d’anecdotes relatives à un même fait historique peuvent émerger des récits potentiels fondés sur des informations perdues, des absences de la mémoire individuelle puis collective . Finalement bien au delà d’une réflexion sur le faux, il s’agirait de comprendre et d’exploiter la place que laissent - en creux - les détails oubliés, permettant de construire à partir de ce qu’ils ne nous disent plus ce qu’il est possible d’imaginer.
Je crois que ce sur quoi tu travailles dans ce workshop est ce qui précède le faux - ouvrant la porte à la fable - le faux est ancré et se développe dans ce qui n’est pas dit, ce qui est oublié, ce qui n’est plus vérifiable, ce qui se contredit, ce qui est flou ou obscur.

Workshop

···