Ces « pop-up « ont sans doute quelque chose à voir avec une critique sociale, ils sont construits à partir d’un espace de représentation sociale : le salon, dans lequel Anne du Boistesselin aurait retiré la dimension fonctionnelle de chaque pièce de mobilier simplement en aplatissant l’objet, en réduisant son épaisseur à celle d’un tableau, sans en modifier le contour. Chaque meuble se présente comme un panneau exposant sa face décorée aux visiteurs. Avant écrasement deux fonctions se côtoyaient : l’une pratique (s’assoir dans un fauteuil) l’autre sociale (tel type de fauteuil), désormais ne subsiste que la fonction sociale, l’image du fauteuil, le marqueur social lié à son style, à la mode du moment, à son prix, sa rareté, ses références. L’ensemble des meubles aplatis et disposés dans l’espace, intérieur ou extérieur, rejouent l’image du salon. La dimension perdue dans l’aplatissement de chaque meuble (dimension relativement peu importante) se retrouve dans la profondeur d’une scène dont les éléments mobilier en sont les toiles peintes. L’accent est mis sur l’espace qui sépare les meubles (l’espace est aussi un marqueur social), c’est entre les meubles que les invités pourraient passer si ils y étaient invités mais la scène doit rester inhabitée, seulement visible frontalement pour offrir son meilleur angle car passer entre les meubles serait avoir un autre point de vue, découvrir ce qui se cache derrière la façade peinte (maquillée ?)

···