Méthodologie

Il a été important pour moi de parler de la méthode car elle créer un direction qui peut être bénéfique comme l'est un outil tout en étant négatif comme peut l'être un cadre. Car, en effet, à chaque fois que j'ai eu affaire à un cadre, j'ai tenté en premier lieu de m'en affranchir!

Peut-être parce que je ne suis pas trop allé à l'école, mais c'est vrai que tout ce qui s'apparente de près comme de loin au scolaire devient pour moi urticant et donc stérile. Et les menaces de la suppression des per-diems associées aux rappels à publication sur Arena m'ont un peu plongé dans cet état de compte rendu que l'on retrouve à l'école.

Il n'est pas évident pour moi de faire cet exercice car d'habitude je ne travaille pas sur ces temporalités. Je met entre un an et un an et demi pour développer un projet et les recherches qui y sont associées se déploient sur la même durée. Ici, il faudrait avoir cette même dynamique mais réduit sur un mois. C'est compliqué. Un mois est pour moi le temps de lancer quelques grandes lignes, pas plus.
D'autant plus que même si l'on qualifie cette résidence de résidence de recherche sans but précis, j'ai tout de même le sentiment que les attentes sont importantes et grandissantes vis à vis de mes autres expériences de résidences. Je m'efforce donc, croyez-moi, à enrichir au mieux cet espace.

J'en parle car c'est révélateur, selon moi, d'un malaise que je ressens et que ça m'intéresse aussi de parler des dispositifs que l'on peut mettre en place en art.
Tous les dispositifs qui abordent la notion de recherche m'intéresse. C'est en ce sens que j'avais participer au programme de Paul Devautour à Shanghai qui proposait de considérer l'artiste comme un chercheur à part entière. Ce qui était intéressant dans ce programme c'était le fait que l'on fût tous (les participants) isolés un temps donné dans une géographie donnée.

C'est vrai que dans notre cas, j'ai du mal à saisir la place de nos échanges si distancés. De mon côté, cela m'oblige à avoir un pied constant en France et me faire sentir qu'à moitié ici. Et de votre côté, vous ne pouvez qu'avoir un aperçu de mes pensées lancées rapidement sur un clavier et sorties de son contexte, ce qui vous fait peu à mettre sous la dent.
C'est une gymnastique compliquée car je dois à la fois m'intégrer dans mon environnement pour y travailler tout en sachant m'en isoler pour être avec vous. C'est schizophrénique comme geste.

Enfin, si je pose ces éléments sur la table c'est pour me demander si une capitale est un bon choix pour une résidence de recherche ? Car dans le sens où nos échanges sont basés (pour le moment)uniquement sur de la recherche théorique issue du web ou des livres, que vient faire Lima dans tout ça ? N'aurait-il pas fallu que j'aille m'isoler dans une cabane à la montagne pour étudier et nourrir nos échanges ? Quel est la place du voyage ici ? Du réel ? Comment chercher la neutralité de l'espace pour être efficient ?
Je crois que la question du contexte m'a toujours posée un problème et c'est pour cela je crois que mes premiers écrits abordaient ma position vis à vis de la ville et du besoin de s'affranchir.

Si je devais répondre à ces questions, je rejoindrai Laurent dans l'idée que le plus important sont les échanges et les discussions que je vis au quotidien, et les visuels créés par les déambulations. Mais comment vous en faire part ? Car ce sont des choses que je ne peux transmettre par écrit puisqu'il s'agit de ressenti et de sensibilité, de choses à vivre.

Je me pose aussi la question des enjeux et de la place de l'artiste au sein de ce genre de dispositifs ? Comment ne pas tomber dans le piège de considérer l'artiste comme une marchandise, une monnaie d'échange ?

Enfin, je suis désolé si je vous embête à revenir sans cesse sur les formes mais pour moi c'est très important de discuter tout au long du processus du processus même. C'est ma manière de travailler...
Et de mon côté, je pense qu'une méthode de travail puisse être stérile un temps donné, cela ne veut pas dire qu'elle soit inutile, au contraire, c'est qu'une question d'espace et de temps. Ces deux axes sont étirables à l'infini, d'autant plus dans une résidence de recherche où le mot deadline n'existe pas ;)

Réflexion sur la méthode
saint-maxent benjamin
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