Hola!
Comment vas tu? Je vois qu'il y a en jeu plein des questions qui se lient d'une facone ou de un autre. Il y a une pensée de Haraway, une citation que je traduis comme je peux "Personne habite partout, tous habitons quelque part. Personne est lié à tout, tout est lié à quelque chose". Et j'entends par ceci une découpe intéréssant. Je crois qeu ce que tu vois, comme histoire humaine de l'environemment rejoins un peu l'idée d'une cosmo-ecologie qui comprendrait les liens de toute une écologie avec la cosmologie de ceux qu'y font partie (idée de stengers, et despret Cosmoecological sheep comme référence bibliographique, mais annecdotiquement) Et bien que je lis et comprends (et entends) que tu ne veux pas limiter ta regarde, je voudrais te proposer ne pas limiter ta regarde, mais juste la directioner, comme si l'on parlait des plans de cinema, plain ouvert, jusqu'ua plain détail... tu vois? Ainsi, je crois que c'est important d'un côté que tu ne te présiones pas par l'idée d'un sujet ou chemin à prendre, mais plutôt par un "rapport" à avoir. Et dans ce "rapport à avoir" peut se construire une forme de lien aux autretés qui étends la quête aussi large que t'abordes que je trouve riche, mais quand nous voulons voir le tout nous ne voyons rien...
C'est un humble conseil face a ce que je lis et resens de ce que tu écris. La question alors serait quel est le rapport que tu veux entretenir à ce environement et du quel on parle? et peut être n'sagisse pas autant de quel veux-tu, mais quel peux-tu, dans ce contexte où j'ai l'impression que la réalité te deborde car tu vois plein des fils des quel tirer, mais ca ne va que créer des noeuds.
Par rapport au consentiment des plantes, je veux juste vous partager ceci: In a beautiful article, mostly about orchids, their pollinators,
and the scientists who study them, two historians of science, Carla Hustak and
Natasha Myers, devoted their attention to the different ways in which naturalists
have conceived and described the practices through which plants lure (what I
would call) their “animal partners” to secure their fertilization. Hustak and Myers
mostly compare Darwinian and neo-Darwinian contemporary approaches (that
is, the approaches of sociobiologists). They remark that plants’ and insects’
behaviors, in sociobiological theories, are now grounded in deterministic models
that reduce interactions among species to the actions of “selfish genes.” These
“selfish genes” are, according to these theories, geared to the task of reducing
an organism’s energy expenditure while maximizing its reproductive fitness for
long-term species survival Many of the numerous species that comprise the Ophrys genus have the
remarkable ability to lure pollinators in spite of the fact that they do not offer the
insects a nectar “reward.” Ophrys species can attract their pollinators selectively
by exhaling volatile compounds that mimic the sex pheromones of the latter;
these volatile compounds can elicit “typical” sexual behavior in male insects:
male bees swarm, for example, around flowers, and expose their genitalia before
landing.
In these models, Hustak and Myers write, it is generally claimed that in trying to mate with the flowers, the bees “inadvertently” participate in orchid
fertilization. Chemical biologists claim that this strategy allows Ophrys orchids
to “exploit” male insects’ sexual proclivities for their own ends. Hustak and
Myers remark that in these accounts orchids are figured as “frauds” involved in
a “sexual swindle” (they quote the terms ecologists actually use). In this story,
male insects’ “innate behavioral responses” are exploited, and the insects are
identified as “dupes” “that have fallen for a signal that fakes the scent of their
conspecific females.”
Citing these theories, Hustak and Myers continue, shows “how stories emerging in the field of chemical ecology today constrain narratives of interspecies
relations along axes of deception and exploitation.” These kinds of accounts
“reduce the complex relations between orchids and insects in a way that stultifies
both orchid and insect agency and renders ecologies populated by blind, reactive
automatons.” They note a common characteristic of these narratives: any hint of
interspecies intimacy is carefully policed. The event of pollination is a decidedly
“asymmetrical” encounter; since Ophrys orchids offer no nourishment for visiting insects, the pollination event is not considered a mutually beneficial encounter; rather, it is a phenomenon engendered through a “unilateral adaptation” of the
orchid to the bee. Mimicking orchids are the only participants reaping a benefit
from the encounter; the insects are rendered passive compared to the wily plants.
Hustak and Myers note that recent statements in the literature vociferously resist
the term “co-evolution” to describe this phenomenon in Ophrys. Though imbued
with the power to deceive, these plants are still conceived as mechanical actants:
“their near-perfectly attuned aromatic chemistries are not cleverly concocted
propositions; they are merely the blind effects of random genetic variation subject
to the selective forces imposed by their pollinators. A neo-Darwinian economy, it
seems, cannot admit pleasure, play, or improvisation within or among species.”
Plant ecology is thus rendered on a model of a militarized economy that structures life as a struggle in a war zone of competitors, enemies, dupes, and deceptive mimics.
The two authors instead suggest working “athwart the reductive, mechanistic,
and adaptationist logics that ground the ecological sciences,” and developing a
reading that “amplifies accounts of the creative, improvisational, and fleeting
practices through which plants and insects involve themselves in one another’s lives.Following others, they propose to supplement evolutionary logics with
what they refer to as an involutionary mode of attention, an “affective ecology
shaped by pleasure, play, and experimental propositions.” In an “involutionary
reading,” the mimetic power of Ophrys’s seductive scents need not be reduced to
the outcome of the selective advantage of random mutations: “it is an effect and
affect immanent to responsive, sensing, sentient bodies." (Vinciane despret dans son texte from inter agency to ... que j'ai mise comme reférence) . Je crois que c'est très important de ne pas perdre ceci: t'es un humaine, tu vas parler du point de vue d'un humaine, d'abord. Sinon faut faire tout un travail pour vivre l'environement comme le vivront d'autres êtres dans cette espace. Veux tu nous signaler quelque chose? nous montrer ou proposer un monde autre? une relation autre? laquelle? Et si c'est le cas, comment serait l'acte artistique que devoilerá ces liens entretenus silenciés par le siècle des lumières. Si tu veux t'enfocer sur l'environement habite l'environement de ttes les facones possibles...

Hello,

Je vais tenter de répondre aux deux derniers textes de Laurent ici tout en divaguant vers d'autres idées.

Je dirai que mes pistes de recherches ont été divisées en deux et en deux géographies.
C'est à dire que Lima a été envisagée comme une ville d'expériences, de ressentis directs et Arequipa, à son échelle, est une ville plus propice au travail de bureau et de recherche.

En arrivant, j'ai beaucoup réfléchi à la place d'un résident temporaire dans une ville et à l'empreinte qu'il laisse derrière lui après son départ. C'est un premier réflexe que je met souvent en place en voyageant et qui me permet de réfléchir à ma présence sur place.
Je cherche le moyen d'être le plus invisible possible et d'exercer mon quotidien comme dans n'importe quelle ville. Cela peut parfois prendre une semaine, notamment ici que le Pérou représente quelque chose de particulier dans mon histoire personnelle. Ma recherche s'exprime alors dans des combinaisons de mots mises sur papier. C'est dans ce texte presque poétique que l'on peut trouver les notions futures que je vais développer.
Je pense aussi très souvent à la mondialisation et à quel point aujourd'hui toutes les capitales se ressemblent et se construisent de la même manière et me pose la question de si vouloir trouver un fonctionnement propre à chaque ville relève d'une envie d'exotisme ou d'identité.

Enfin, une fois débarrassé de ce premier point pour arriver à une forme propice au travail de recherche, j'ai pris le temps de poursuivre ce que j'avais commencé à Triangle.
Il m'a fallu du temps car l'environnement de travail à Lima n'était pas du tout propice au travail mais vraiment à l'expérience.

Pour moi la recherche générale est dur à formuler car je me nourri essentiellement de choses inframinces et imperceptibles. Il s'agit de ressenti, souvent en voyage, et des connexions qui s'établissent avec des gens au hasard des rencontres et discussions. Tout cela se mélange par la suite à mon vécu personnel, et des idées et formes naissent dans mon inconscient sans que j'y travaille.
Lire en amont de toutes productions des textes théoriques n'est pas pour moi usuels et n'est pas ma méthode de travail car je pense que le risque d'illustrer une réflexion ou pire, se l'approprier est trop présent. D'habitude c'est plutôt l'inverse qui se produit, c'est à dire que je produis des formes autour desquelles peuvent s'articuler des idées écrites par des chercheurs vers lesquelles me renvoient les curateurs avec qui je travaille. Par la suite, je les lis et les intègres mais cela n'influence pas formellement ma production. Voici ma méthode de travail.

Il est donc difficile pour moi de préciser le sujet de mes recherches à Lima et Aréquipa car en effet elle n'est pas déterminée. Tout évolue et les idées se croisent, viennent et repartent, c'est une accumulation de beaucoup de choses.

Mais si je dois sélection une piste, ce serait la place de l'environnement dans l'histoire de la construction humaine. Je suis tout à fait d'accord avec Laurent pour dire que la question du consentement de la flore dans un tel process est une vraie questions, c'est certain.
Dans un premier temps, je me suis simplement demandé quels sont les besoins d'une plante et est-ce que l'homme peut y répondre? Et généralement, mes projets démarrent par une image qui se créer au hasard d'une pensée. Ici, j'ai rêvé avant mon départ d'une jeune pousse poussant dans des sécrétions humaines comme une double réponse humoristique à la crise écologique actuelle. Premièrement, il s'agissait de penser l'homme capable de se reproduire autrement, pour "créer" une autre forme de vie qu'un enfant et ainsi réduire la surpopulation. Et en même temps consommer moins d'eau et peut être s'en émanciper vis à vis de l'alimentation d'une plante.

C'est un point de départ, plein de contradictions et volontairement contestable mais que je souhaite expérimenter pour faire naître plastiquement cette . Je pose sur la table une idée d'expérience sujettes aux remarques.

Aussi, je dirai par contre que pour moi la recherche fondamentale d'un artiste se trouve dans son travail plus que dans son statement, et c'est l'ensemble de ces oeuvres qui forment un sujet de recherche. Je trouve la place du statement trop présente de manière générale et pas toujours juste car les oeuvres peuvent dégagées des idées et des rapprochements qu'un texte ne peut pas toujours énoncer.
Pour moi, vouloir suivre son statement dans sa production relève de la même envie de travailler sur "un sujet précis" et c'est clairement souvent une impasse, effectivement. Mais oui, nous pourrions travailler sur cette impasse car pour moi elle est représentée par le statement avec lequel (dans mon cas perso) je ne suis que très peu en accord.

A plus

Réponses à Laurent x2
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